Le moustique tigre « Aedes Albopictus »

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Le moustique tigre « Aedes albopictus » peut être le vecteur de maladies telles que la dengue, le chikungunya ou le zika. Ce moustique colonise progressivement le territoire métropolitain depuis les années 2000. A la suite des actions menées sur la saison 2023, l’Agence régionale de santé Normandie a confirmé pour la première fois l’implantation du moustique tigre dans la région, en Seine-Maritime

Le moustique Aedes albopictus est originaire d’Asie et est également appelé moustique tigre en raison des zébrures noires et blanches qui parcourent son corps effilé et d'une ligne blanche sur le thorax. Pour éviter qu’il ne s’installe, l’action de tous est essentielle !

La surveillance

La surveillance de la présence du moustique tigre s’exerce dans les 5 départements de la région, sur une période qui s’étend habituellement de juin à novembre.

Elle s’appuie sur la mise en place de pièges qui sont installés sur le territoire Normand puis relevés et observés à intervalles réguliers.

Cette surveillance et les mesures de luttes qui en découlent sont financées par l’ARS Normandie, et sont actuellement confiées à la FREDON Normandie (organisme habilité), suite à une procédure marchés publics.

A la surveillance entomologique s’ajoute celle des cas humains de dengue, de chikungunya ou de zika, qui sont des maladies à déclaration obligatoire et doivent donc donner lieu à un signalement à l’ARS par les professionnels de santé.

La lutte

Lorsque le moustique est repéré ou qu’un cas d’arbovirose est déclaré sur le territoire, des mesures de gestion graduées et adaptées au contexte local seront mises en œuvre.

Ces mesures de gestion consistent en la réalisation d’enquêtes épidémiologiques, entomologiques, la destruction de gites, la mise en œuvre de traitements larvicides voire adulticides si la situation le nécessite.

Comment le reconnaitre ?

Comme de nombreuses espèces de moustiques coexistent, il est parfois possible de les confondre.

Quelques caractéristiques permettent toutefois d’indiquer qu’il peut s’agir d’un Aedes albopictus :

  • Il est très petit (environ 5mm, soit plus petit qu'une pièce de 1 centime) ; 
  • Il a des rayures noires et blanches (pas de jaune), sur le corps et les pattes ;
  • Il pond dans petites collections d’eaux stagnantes (soucoupes, vases, bidons, gouttières etc.), autour des habitations et se déplace peu. Pour éviter son développement, il est recommandé d’éliminer les zones où l’eau peut stagner.
  • Il vit et pique le jour, principalement tôt le matin et au coucher du soleil (ce n'est pas lui qui vous empêche de dormir) ;
  • Sa piqûre est plus douloureuse que celle d’un moustique « commun ».  

Comment le signaler ?

Comment signaler un moustique tigre ?

Vous pensez avoir observé un moustique tigre ? Vous souhaitez le signaler ?

L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition, il s’agit d’une action citoyenne permettant ainsi de compléter les actions mises en place.

Rendez-vous sur le site https://signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/ où un questionnaire vous permettra de vérifier rapidement s’il s’agit bien d’un moustique tigre.

L’identification d’un moustique tigre nécessite a minima une photographie que vous pourrez ajouter à votre signalement.

Vous pouvez également expédier le moustique (dans un état permettant l’identification et correctement conservé dans un petit contenant ou scotché sur une feuille de papier par exemple) sous enveloppe timbrée à l’adresse suivante : FREDON Normandie, 1 rue Léopold Sédar Senghor - 14 460 COLOMBELLES

Dans certaines régions du monde notamment tropicales - Afrique, Asie, Antilles, Océan Indien, Amérique du Sud, Océan Pacifique, les moustiques peuvent me piquer le jour comme la nuit et me transmettre des maladies comme le chikungunya, la dengue ou le Zika.

Vous partez dans une région où des cas de ces maladies ont été signalés ?

  • Portez des vêtements couvrants et amples ;
  • Appliquez, si nécessaire, sur peau découverte, des produits répulsifs en vous conformant aux conseils de votre médecin ou de votre pharmacien. Un répulsif cutané doit en effet être choisi suivant la tranche d’âge et la population concernée, surtout en ce qui concerne les enfants et les femmes enceintes ;
  • Renseignez-vous sur la nécessité d’utiliser des dispositifs imprégnés ou diffusant des produits répulsifs ou insecticides, en vous conformant strictement aux consignes fournies par le fabriquant ;
  • Équipez portes et fenêtres de moustiquaires.

Si vous êtes enceinte :

  • Envisagez de reporter votre voyage dans cette région ;
  • Si le report n’est pas possible :
    • Consultez un médecin avant le départ,
    • Respectez les mesures de protection,
    • Consultez en cas de symptômes,
    • Assurez-vous du bon suivi de votre grossesse,
    • Une transmission du virus Zika par voie sexuelle étant possible, il est recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés pendant toute la durée de la grossesse. Utilisez des préservatifs.

Vous revenez d’une région où des cas de ces maladies ont été signalés ?

Restez attentifs :

  • Consultez un médecin en cas de symptômes - En cas d’éruption cutanée avec ou sans fièvre, douleurs articulaires, douleurs musculaires, maux de tête, conjonctivite, consultez un médecin : vous avez peut-être contracté le chikungunya, la dengue ou le Zika ;
  • Évitez de vous faire piquer par les moustiques - Si vous êtes contaminé, évitez alors de vous faire piquer. En effet, si un moustique de type Aedes sain vous pique, vous pouvez à votre tour l’infecter et il pourrait contaminer une autre personne de votre entourage en la piquant 

Avant d'acheter ou d'utiliser des produits anti-moustiques :

  • Demandez conseil à un pharmacien surtout en ce qui concerne les enfants et les femmes enceintes. Lisez bien la notice avant toute application ;
  • Demandez l’avis du médecin traitant pour l’enfant de moins de 30 mois et en cas d’antécédents de convulsions ;
  • Évitez de les appliquer sur le visage et les mains des jeunes enfants.

 

Consultez les pages conseils aux voyageurs du site France diplomatie

23.04.2024 - communication du Ministère du travail, de la santé et des solidarités

Depuis le 1er janvier 2024, plus de 1 679 cas de dengue ont été importés en métropole, contre 131 cas sur la même période en 2023.

En raison de la circulation active de la dengue dans les territoires français des Amériques (Martinique, Guadeloupe et Guyane) et de l'augmentation importante du nombre de cas importés dans l'hexagone depuis le début d'année 2024, les autorités sanitaires françaises appellent à la vigilance les professionnels de santé et la population, afin de limiter le risque de circulation de la dengue en France métropolitaine.

Cette arbovirose, au même titre que le chikungunya ou le Zika, fait l'objet d'une surveillance renforcée entre mai et novembre, période d'activité du moustique tigre dans l'hexagone.

Rappel concernant la dengue

La dengue est due à un virus transmis par la piqûre du moustique tigre et touche indifféremment les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes. Il n'existe pas de transmission directe de personne à personne. Au 1er janvier 2024 le moustique tigre est présent sur une grande partie du territoire métropolitain, dans 78 départements sur 96.

Les symptômes de la dengue sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) et se manifestent dans les 3 à 14 jours (4 à 7 jours en moyenne) suivant la piqûre par un moustique tigre porteur.

Son traitement est avant tout symptomatique, notamment contre la douleur et la fièvre. L'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués du fait du risque hémorragique. Si cette maladie est le plus souvent bénigne, bien que généralement pénible, elle peut toutefois se compliquer de formes hémorragiques. Il est donc important de se protéger individuellement et collectivement pour prévenir une épidémie, en suivant les conseils ci-dessous.

Lutte contre la dengue, l'affaire de tous : les recommandations des autorités sanitaires

En agissant sur son environnement direct ou en adoptant les mesures de précaution, chacun peut contribuer à la lutte contre les maladies transmises par les moustiques. Aucune mesure n'est efficace à 100% ; c'est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de diminuer la transmission.

Il est ainsi recommandé :

Pour tous :

  • D'éliminer les eaux stagnantes, propices au développement des moustiques, à l'intérieur et autour des habitats pour éviter la prolifération des moustiques (dessous de pots, coupelles, gouttières, détritus, etc.).

Pour les personnes voyageant dans les zones à risque (notamment la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane)

  • De se protéger des piqûres de moustique pour éviter de contracter la maladie. Au niveau individuel, la prévention passe par l'utilisation de moyens de protection physique (vêtements longs et amples, moustiquaires, répulsifs).

Pour les personnes de retour de zone à risque, même sans symptômes :

  • De continuer à se protéger contre les piqûres pendant trois semaines. En effet, on peut, sans se sentir soi-même malade, transmettre le virus à un moustique et ainsi mettre en danger les personnes de son entourage.
  • De consulter sans attendre un médecin en cas de symptômes (douleurs articulaires ou musculaires, maux de tête, éruption cutanée, conjonctivite, avec ou sans fièvre), en précisant la date de retour de voyage d'une zone tropicale. Il est important de continuer à éviter les piqûres de moustique pendant cette période et de réduire ses déplacements.

Pour en savoir plus :

Consulter l'article sur le moustique tigre : une implantation dans 78 départements en métropole