Agir ensemble pour la santé des Normands

Amélioration de la pertinence des soins en Normandie

Article
Un des objectifs majeurs de l’ARS de Normandie.
Corps de texte

Il  recouvre notamment la prise en charge du patient en établissement de santé, dont le parcours de soins fait intervenir de nombreux acteurs : usagers, professionnels de santé médicaux, paramédicaux, services sociaux et administratifs, établissements de santé de court séjour, de réadaptation, établissements médico-sociaux, société de transports, acteurs du premier recours. Tout au long de son parcours, le patient doit être acteur dans sa prise en charge.

Le décret du 19 novembre 2015 relatif à la promotion de la pertinence des actes, des prestations et des prescriptions en santé, a renforcé l’action régionale avec la création d’une nouvelle instance dédiée à cet enjeu : l’Instance Régionale d’Amélioration de la Pertinence des Soins (IRAPS). Le 28 juin, le Docteur Frédéric Jégou, représentant de l’URML, a en été élu président. L’action de l’IRAPS s’inscrit dans le cadre d’un plan d'actions pluriannuel régional d'amélioration de la pertinence des soins (PAPRAPS), qui a été arrêté par la Directrice générale de l’ARS le 1er septembre 2016 (après avis favorable de l’IRAPS).

Le PAPRAPS porte sur les axes suivants :

  • la réduction des inadéquations en court séjour, en SSR ou en psychiatrie et/ou en limitant les hospitalisations évitables (pertinence des séjours, pertinence des parcours de soins),
  • l’optimisation des modes de prise en charge : hospitalisation complète, soins ambulatoires, soins externes (pertinence des modes de prises en charge),
  • l’amélioration des pratiques (pertinence des actes et des prescriptions de produits de santé et de transports).

L’amélioration de la pertinence des prises en charge atypiques repose sur l’implication des professionnels de santé et représentants des usagers de la région. C’est pourquoi, avec les membres de l’IRAPS, ils pourront être sollicités pour contribuer à l’élaboration des actions visant à l’amélioration des pratiques observées.

Dr Jegou IRAPS
Dr Jegou, président de l'IRAPS

En tant que Président de l’IRAPS, quel projet souhaitez-vous porter ?

Je souhaite avant tout que l’IRAPS soit un levier pour renforcer une médecine de qualité dans un système de santé où les professionnels de santé doivent rester dynamiques, performants et innovants au service des patients de notre région. La médecine libérale a un rôle important à jouer dans ce projet. Et la présence de représentants des usagers, de l'hospitalisation publique et de l'hospitalisation privée nous permet de défendre un projet commun, qualitatif et responsable.

Comment va fonctionner l'IRAPS, et comment ce projet va-t-il se déployer concrètement ?

Nous allons dans un premier temps reprendre les travaux entrepris dans les deux anciennes régions. Ils portaient notamment sur des pathologies et des chirurgies à fort volume, s’appuyant sur des recommandations et des observations nationales. Les premiers résultats montraient parfois des discordances de pratique selon les régions ou entre nos territoires normands. Nous avions observé des disparités géographiques qui ont nécessité des études statistiques et des analyses plus fines. Enfin, ces travaux ont mis en évidence l’absence de consensus médical au niveau national pour certaines prises en charge et pathologies.

Quel rôle les professionnels de santé de la région vont avoir dans ce projet de promotion de la qualité ?

En Normandie, la démographie médicale et non médicale, tant dans le secteur public que dans le monde libéral, impose une collaboration de tous et entre tous. Notre premier enjeu est d’initier et de faire vivre, dans la Normandie réunifiée, une dynamique qui s’appuie sur la construction d’une vision partagée des pratiques observées et des disparités régionales. L’enjeu n’est pas de cibler ces disparités pour stigmatiser des pratiques à travers des chiffres. La très grande majorité des professionnels de santé souhaite promouvoir dans son exercice des soins de qualité. Il faut partir de cette volonté commune, qui nous rassemble. C’est pourquoi, au sein des groupes de travail par exemple, nous avons décidé de réunir des professionnels du monde hospitalier public et libéral, médecin ou non médecin, afin de construire une observation puis des actions communes.

De plus, la qualité du lien entre les professionnels de santé est un levier d’amélioration de la pertinence des soins. La nouvelle organisation des groupements hospitaliers de territoire, à travers leur projet médical, va modifier les circuits de prise en charge et redéfinir les hôpitaux de référence. Pour autant, les patients sont avant tout pris en charge par les médecins de premier recours. Il est primordial que ces professionnels aient connaissance des nouveaux modes de fonctionnement. L’IRAPS a vocation à les informer des parcours et des pratiques régionales, en tenant compte des disparités géographiques mais aussi des contraintes de l’Assurance maladie. Pour y parvenir, nous devons utiliser tous les vecteurs d'informations (messageries sécurisées, représentation professionnelle, courriers, formation médicale continue...) pour sensibiliser les confrères.

Quelle sera la place des usagers dans ces travaux ?

Les représentants des usagers sont présents dans de nombreuses instances à travers les associations de patients ou spécifiques à des maladies particulières. Ils sont également présents au sein des établissements publics et privés. Ils sont donc des acteurs importants et à ce titre ont toute leur place au sein de l'IRAPS. Les travaux conduits auront vocation à être diffusés au-delà de l’instance régionale et des contributeurs. C'est le gage d'une médecine responsable et transparente.

 

 

Quels sont les axes de travail 2017 ? Comment cela va se dérouler concrètement et quelles sont les prochaines étapes ?

Trois groupes de travail sont constitués. Ils porteront les thématiques suivantes :

  • les canaux carpiens,
  • les aérateurs transtympaniques,
  • l’incidence des colectomies.

Il s’agit de la poursuite de travaux menés avant la fusion régionale. Selon le type de pathologies sous-jacentes, d’autres thématiques seront priorisées par les membres de l'IRAPS. Par ailleurs, l’IRAPS est sollicitée pour des questions spécifiques, concernant la pertinence de la prescription (la Ritaline® par exemple). Ces sujets doivent être abordés en cohérence avec les acteurs qui travaillent déjà sur ces questions. Le lien avec les travaux de l’OMEDIT est indispensable par exemple.

 Dans le contexte général de maîtrise des dépenses au niveau national, quelle place pour la pertinence ?

Soigner de façon responsable nous amène à nous questionner sur les coûts. Mais cela ne doit pas constituer le fil conducteur de l’organisation des soins et des travaux de l’IRAPS. L'analyse des pratiques professionnelles, associées au progrès de la recherche, n’est pas incompatible avec les questions financières. Au-delà de ces questions, c’est la question de l’accès aux soins qui se pose en Normandie. Et à des soins de qualité bien entendu. L'IRAPS offre l’opportunité de rassembler l’ensemble des composantes du soin, avec des relais, à travers nos sociétés savantes ou encore avec les groupes qualité.