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Légionelles

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Légionelles
Les légionelles sont des bactéries pouvant être à l’origine d’une infection respiratoire appelée légionellose. Les principales sources d'exposition humaine connues à ces bactéries sont d'origine environnementale, notamment les réseaux d’eau chaude sanitaire ou les tours aéro-réfrigérantes humides.
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Les légionelles sont des bactéries largement répandues à l’état naturel dans les eaux et les sols, leur développement est optimal entre 25°C et 45°C en présence de dépôts de tartre, de résidus métalliques comme le fer ou le zinc et d’autres microorganismes des milieux aquatiques tels que les amibes.
Elles se développent dans les installations qui leur offrent des conditions favorables dites « à risque » telles que les réseaux d’eau chaude sanitaire, les tours aéroréfrigérantes, les bains à remous, balnéothérapies, humidificateurs, fontaines décoratives etc….

Les légionelles sont responsables de maladies appelées légionelloses. En France, le taux de décès atteint 11%. La légionellose est une maladie à déclaration obligatoire auprès des autorités sanitaires depuis 1987.

Les manifestations d’une exposition aux légionelles se présentent sous deux formes cliniques distinctes :

- Un syndrome pseudo-grippal bénin (la fièvre de Pontiac) sans complications respiratoires. La guérison est habituellement spontanée en 2 à 5 jours.

- Une pneumopathie aiguë grave (la maladie des légionnaires) dont le traitement nécessite l’administration d’antibiotiques adaptés.
Les facteurs prédisposant à la maladie du légionnaire sont l’âge, le tabagisme, l’alcoolisme, l’immunodéficience, les affections respiratoires chroniques.

Dépliant "Info’ légionellose"

La contamination se fait par inhalation de microgouttelettes d’eau contenant des bactéries lors de la prise de douche, dans les bains à remous….
Dépliant "Info’ légionellose - Huit questions pour connaître la maladie et mieux s’en prémunir"

D’une manière générale, pour limiter le développement des légionelles, il est nécessaire d’agir à trois niveaux :

- Eviter la stagnation et assurer une bonne circulation de l’eau
- Lutter contre l’entartrage et la corrosion
- Maitriser la température: le maintien d’une température supérieure à 50°C sur l’ensemble du réseau d’eau chaude sanitaire permet de limiter le risque de prolifération des légionelles dans le réseau. Toutefois, afin de prévenir le risque de brûlure, l’eau chaude sanitaire distribuée sur les points d’usage destinés à la toilette ne doit pas dépasser 50°C (mise en place de limiteurs de température tels que mitigeurs à butée, thermostatiques etc…).

Les réseaux d’eau chaude sanitaire de type unifamilial

Les réseaux d’eau chaude sanitaire de type unifamilial

Que votre production soit instantanée (chauffe eau, chaudière…) ou par accumulation (ballon de stockage),
la prévention passe par l’entretien de vos installations.
 

Les réseaux d’eau chaude sanitaire collectifs

L’arrêté du 1er février 2010 relatif à la surveillance des légionelles dans les installations de production, de stockage et de distribution d’eau chaude sanitaire rend obligatoire la surveillance des concentrations en légionelles et des températures dans les installations de production et distribution d’eau chaude sanitaire des établissements recevant du public qui possèdent des points d’usage à risque (douches, douchettes …).
L’arrêté du 30 novembre 2005 modifiant l’arrêté du 23 juin 1978 relatif aux installations fixes destinées au chauffage et à l’alimentation en eau chaude sanitaire des bâtiments d’habitation, des locaux de travail ou des locaux recevant du public, fixe des températures minimales sur les installations de stockage de l’eau chaude sanitaire et en distribution afin de limiter le développement des légionelles. Il fixe également une température maximale de 50°C sur les points d’usages utilisés pour la toilette afin de prévenir les risques de brûlures.

Dans les établissements de santé
L’annexe 1 de l’arrêté du 1er février 2010  définit les fréquences minimales des analyses de légionelles et des mesures de température de l’eau chaude sanitaire dans les établissements de santé. De plus, la circulaire 2002/243 du 22 avril 2002 précise les mesures de prévention et les modalités de surveillance à mettre en œuvre pour lutter contre la légionellose dans les établissements de santé. 

Dans les établissements sociaux et médico-sociaux d’hébergement pour personnes âgées
L’annexe 2 de l'arrêté du 1er février 2010 définit les fréquences minimales des analyses de légionelles et des mesures de température de l’eau chaude sanitaire dans les établissements sociaux et médico-sociaux. De plus, la circulaire 2005/493 du 28 octobre 2005 précise les mesures de prévention et les modalités de surveillance à mettre en œuvre pour lutter contre la légionellose dans les établissements sociaux et médico-sociaux d’hébergement pour personnes âgées.

Dans les établissements de tourisme

L’annexe 2 de l'arrêté du 1er février 2010 définit les fréquences minimales des analyses de légionelles et des mesures de température de l’eau chaude sanitaire dans les établissements de tourisme. De plus, un guide intitulé « Eléments pour la gestion du risque de prolifération de légionelles dans les réseaux d’eau » fournit des informations et conseils techniques permettant d’assurer une bonne gestion des installations de distribution d’eau.

Dans les autres établissements recevant du public

L’annexe 2 de l'arrêté du 1er février 2010 définit les fréquences minimales des analyses de légionelles et des mesures de température de l’eau chaude sanitaire dans tous les établissements recevant du public.

Un guide d’information pour les gestionnaires d’établissements recevant du public, annexé à la circulaire 2010/448 du 21 décembre 2010, explicite la mise en œuvre des dispositions de l’arrêté du 1er février 2010.

 

Les guides techniques du CSTB pour les maitres d’ouvrage des installations de production et distribution d’eau chaude sanitaire

Réseaux d’eau destinée à la consommation humaine à l’intérieur des bâtiment
(partie I : conception et mise en œuvre et - partie II : guide technique de maintenance).
Pour commander ces guides : www.cstb.fr

- Le guide technique maitrise du développement des légionelles dans les réseaux d’eau chaude sanitaire.

- Un document d’aide à la conception des installations d’eau sanitaire à l’intérieur des bâtiments.

- Un document d'aide à la conduite et l'entretien des installations d'eau sanitaire à l'intérieur des bâtiments.

Les bains à remous

Plusieurs cas groupés de légionellose en lien avec la fréquentation de bains à remous (spas) ont été recensés dans le monde ces dernières années. Dans ce contexte, les autorités publiques ont rédigé un guide relatif à la prévention des risques infectieux, destiné aux exploitants de bains à remous à usage collectif et recevant du public, annexé à la circulaire 2010/289 du 27 juillet 2010.

Les spas à usage familial et les baignoires à remous destinées à un usage individuel n’entrent pas dans le champ d’application de la circulaire. Les recommandations  concernant l’exploitation des spas peuvent tout de même être appliquées.
 
Plus d’informations : http://www.sante.gouv.fr/legionellose.html

Les tours aéroréfrigérantes

Plusieurs cas de légionellose ont été reliés à des tours aéroréfrigérantes disséminant des bactéries par le panache de vapeur d’eau émis dans l’atmosphère.
 
Ces installations sont principalement exploitées pour la climatisation de locaux de grande taille, de salles informatiques ou le refroidissement de procédés industriels dégageant de la chaleur. Les tours aéroréfrigérantes sont soumises à déclaration ou autorisation (selon leur puissance) au titre des installations classées pour l’environnement (ICPE). Les exploitants sont soumis à un entretien et des contrôles spécifiques, notamment des prélèvements pour recherche de légionelles.

Plus d’informations :

http://www.installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr/Tours-aerorefrigerantes.html

Les systèmes collectifs de brumisation d'eau

Les systèmes collectifs de brumisation d’eau sont donc susceptibles, s’ils sont mal conçus ou exploités, d’exposer les personnes à des aérosols d’eau contaminée pouvant entraîner un risque d’infection, notamment respiratoire.

Les obligations à satisfaire pour l’utilisation des systèmes collectifs de brumisation d’eau en présence du public ont été introduites par l’article 51 de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016, puis précisées par le décret du 27 avril 2017 relatif à la prévention des risques liés aux systèmes collectifs de brumisation d’eau et par l’arrêté du 7 août 2017 du même nom.

La règlementation fixe des obligations pour les exploitants pour prévenir le développement de germes pathogènes dans les systèmes. Ces obligations portent sur :

  • La mise en œuvre dès la conception du système collectif de brumisation d’eau de bonnes pratiques visant à limiter les conditions de dégradation de l’eau ;
  • Le respect des exigences de qualité de l’eau alimentant les installations ;
  • La surveillance de la qualité de l’eau ;
  • L’entretien du dispositif ;
  • La mise en œuvre d’actions curatives en cas de dysfonctionnement des installations ;
  • La tenue pour chaque installation d’un document de suivi de l’ensemble des opérations d’entretien, de maintenance et de surveillance réalisées (fichier sanitaire) ;
  • Des obligations pour prévenir la contamination du réseau de distribution d’eau potable par le système collectif de brumisation d’eau. L’exploitant doit munir son installation d’un ensemble de protection visant à empêcher les retours d’eau du système collectif de brumisation d’eau vers le réseau de distribution d’eau potable.
  • La possibilité de contrôle voire d’interdiction des systèmes collectifs de brumisation d’eau par les autorités sanitaires en cas de non-conformité de l’installation ou de situation à risque pour la population.

Date de mise en œuvre des mesures :

Les dispositions réglementaires prévues s’appliquent à partir du 1er janvier 2018

Ne sont pas concernés les dispositifs :
- à usage privatif (brumisateurs pré-remplis à usage unique, brumisateurs rechargeables à pression ambiante) ;
- à usage professionnel (notamment les systèmes utilisés dans les secteurs industriel et agricole) ;
- à usage thérapeutique (dispositifs de génération d’aérosols de médicaments) ;
- utilisés pour la protection contre les incendies (dispositif de protection par brouillard d’eau);
- utilisés au sein des centrales de traitement de l'air des bâtiments

Plus d'informations :

http://www.sante.gouv.fr/legionellose.html