Agir ensemble pour la santé des Normands

Incendie à l’entreprise LUBRIZOL (Rouen)

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À la suite de l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à l’usine Lubrizol située dans l’agglomération rouennaise, le panache de fumée, de plusieurs kilomètres de long qui s’est constitué a généré par endroit des dépôts de suies et de poussières.
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Que s’est-il passé?

A la suite de l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019 à l’usine Lubrizol située dans l’agglomération rouennaise, un panache de fumée, très important et très impressionnant, de plusieurs kilomètres de long s’est constitué et a généré par endroit des dépôts de suie et de poussières.

Par ailleurs, les produits stockés sur le site et impactés par le sinistre, contenaient des hydrocarbures. Leur dégradation conduit à l’émission d’odeurs parfois fortes, d’hydrocarbures et/ ou de mercaptans. Elles peuvent être encore perçues pendant le temps de refroidissement des fûts, à proximité du site, et à distance, en fonction de l’intensité et la direction des vents.
 

Quels sont les risques pour la santé des retombées de l’incendie ?

Étant assez lourdes, les particules émises pendant l’incendie se sont rapidement déposées au sol sous forme de suies, ce d’autant qu’il a plu le jour même de l’incendie.

En l’état actuel des connaissances, le risque principal est lié à l’ingestion accidentelle de suies, notamment par les très jeunes enfants par les mains ou des jouets souillés. D’où l’importance de nettoyer ces suies.

Les résultats d’analyses sur les métaux et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), prélevés à différents endroits sous le panache ne mettent pas en évidence un impact au-delà du site lui-même. Toutefois, des résultats sur d’autres paramètres sont attendus. Aussi, il convient d’être prudent et de mettre en œuvre les mesures d’hygiène permettant de limiter au maximum l’exposition, comme le lavage des mains, le nettoyage du logement (voir consignes plus bas) et des abords en cas de présence de suies.
 

Y-a-t-il un risque lié à l’amiante pour la population ?

La toiture d’un bâtiment du site était constituée de plaques de fibrociment contenant de l’amiante. Elle s’est effondrée pendant l’incendie. Le retour d'expérience récent sur ce genre de sinistre, montre que le risque de dispersion de fibre est limité par l'effondrement rapide de la toiture.

Trois campagnes de prélèvements de fibres d'amiante ont été menées dont les résultats ont montré des taux de fibres dans l'air inférieurs au seuil fixé à 5 fibres d’amiante par litre d’air à partir duquel doivent être entrepris des travaux de désamiantage ou de confinement des matériaux amiantés dans le bâtiment.

En parallèle, des mesures de fibres d’amiante ont été effectuées sur des vêtements de pompiers et sur les surfaces à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments du site. Aucune fibre n’a été détectée.

Des morceaux de fibrociment, projetés lors de l’incendie peuvent être retrouvés autour du site. Il convient de ne pas les manipuler ;  leur enlèvement est organisé dans le cadre d’une filière spécialisée financée par Lubrizol. Il convient d’appeler le numéro vert 0800 009 785 afin d’être redirigé vers l’entreprise spécialisée.

 

Qu’en est-il de la qualité de l’air et des odeurs ? Les odeurs ressenties présentent-elles un risque sanitaire ? Que faire en cas de symptômes ou d’exposition à de fortes odeurs ?

Les dernières analyses des paramètres de la qualité de l’air, habituellement mesurés par les capteurs d’ATMO Normandie (association en charge de la surveillance de la qualité de l’air en Normandie) sont comparables aux valeurs habituellement mesurées sur l’agglomération.

Les pompiers ont effectué des mesures sur les composés présentant des risques d’intoxication à court terme dès la nuit de l’incendie, comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre et l’hydrogène sulfuré, afin de vérifier le risque immédiat pour leurs interventions et la population riveraine. Ces mesures n’ont pas mis en évidence de risque pour la population. Les composés organiques volatils (COV) mesurés sous le panache au cours de l’incendie par ATMO Normandie n’ont pas mis en évidence d’impact au-delà même du site.

Les fortes odeurs comme celles dégagées après l’incendie de Rouen ou au cours des opérations de dépollution des sites impactés, même quand elles n’ont pas d’impact grave sur la santé, peuvent provoquer des symptômes gênants. Les odeurs stimulent les nerfs sensoriels, ce qui peut engendrer les symptômes suivants : maux de têtes, vertiges, irritations oculaires et respiratoires superficielles (en particulier pour les asthmatiques), nausées voire vomissements en particulier chez certaines personnes plus sensibles.

L’exposition à des odeurs incommodantes peut par ailleurs générer de l’anxiété et du stress.

Ces symptômes, sans gravité, sont passagers et ne nécessitent pas de prise en charge médicale particulière. En effet, il n’existe pas de lien entre  seuil olfactif et  seuil de toxicité.

 

Je suis inquiet pour ma santé ou celle de mes proches, ou je ressens des symptômes inhabituels, qui dois-je contacter ?

En cas de doute sur son état de santé, ou celui d’un proche, il convient de contacter le médecin traitant.

En soirée (de 20h à 8h) et le week-end, appelez le 116117

Le 15 est réservé aux urgences vitales

 

Concernant les femmes enceintes ou allaitant leur enfant, les analyses ne conduisent pas à mettre en place, au-delà des recommandations faites pour l’ensemble de la population, de mesures particulières vis-à-vis de l’allaitement ou à mettre en place un suivi ou dosage spécifique pour cette population.
 

Que faire en cas de contact avec les suies ?

En cas de contact cutané accidentel avec les suies, il convient de se laver immédiatement avec du savon ordinaire et en cas de contact avec les yeux, les rincer avec du sérum physiologique.

En cas d’ingestion accidentelle de suies ou d’agrégats (notamment par les enfants), contacter le 15 ou le Centre Antipoison et de Toxicovigilance :

02 41 48 21 21

 

Est-ce que je peux consommer l’eau du robinet ?

L’eau du robinet peut être consommée sans risque pour la santé en Seine-Maritime, y compris dans les secteurs qui ont été directement concernés par le panache de fumées.

Les sociétés qui exploitent les installations de production et de distribution d’eau potable ont été mises en alerte dès le 26 septembre. Des investigations poussées de recherche de substances chimiques dans l’eau du robinet,  bien au-delà du contrôle sanitaire habituellement réalisé par l’Agence régionale de santé, ont été réalisées depuis le 26 septembre. Les résultats obtenus confirment l’absence ou la présence en concentrations très faibles et bien inférieures aux valeurs réglementaires ou valeurs sanitaires de référence, des produits recherchés.

Par ailleurs, une surveillance renforcée de la qualité de l’eau est mise en place sur les ressources d’eau souterraines, utilisées à des fins d’alimentation humaine susceptibles d’être influencées par les eaux de surface (l’alimentation en eau potable provient exclusivement de captages d’eau souterraine, il n’y a aucun captage sur la Seine et aucun captage en rivière ou retenue d’eau dans le département). La surveillance mise en place depuis le 30 septembre sur les captages d’eau potable situés sous le panache des fumées n’a pas mis en évidence d’altération de la qualité de la ressource en eau.
 

Y a-t-il des recommandations spécifiques sur les puits privés ?

En Seine-Maritime, plus de 99 % de la population est raccordée au réseau public d’alimentation en eau potable. La surveillance mise en place depuis 10  jours sur les captages publics d’eau potable situés sous le panache des fumées n’a pas mis en évidence d’altération de la qualité de la ressource en eau. Aussi il n’y a pas de recommandations spécifiques pour les puits privés.
 

Peut-on consommer les produits du jardin ?

Il est recommandé de ne pas consommer les fruits et légumes souillés par les suies. En revanche, s’agissant d’une pollution visible, les fruits et légumes qui ne portent aucune trace de souillure peuvent être consommés sans difficultés après lavage et/ou épluchage, comme à l’ordinaire.

Il faut également veiller à ne pas nourrir les animaux destinés à une auto-consommation, en particulier les poules, avec des aliments souillés par les suies.

Concernant les œufs, en cas de présence de suie dans les poulaillers, ne pas consommer les œufs.

 

Que faire avec l’eau de pluie que j’ai récupérée si elle est souillée par des suies ?

Cette eau ne doit pas être utilisée (pas d’arrosage du potager, ni d’abreuvage des animaux), il convient de vider le récupérateur vers le réseau d’eaux usées ou d’eaux pluviales (ne pas évacuer ces eaux vers un puisard ou un puits filtrant), puis de rincer le réservoir.
 

Que faire si j’ai un réseau intérieur alimenté par de l’eau de pluie ?

Déconnecter le réseau, le vidanger et le nettoyer. Ne pas le réutiliser tant que l’eau est souillée par des suies.
 

Comment nettoyer mon logement ?

En cas de présence de suie dans l’habitation et ses abords, il convient de nettoyer le logement (sols, mobiliers, fenêtres, jouets…) et les extérieurs (mobiliers de jardin, jeux d’enfants, terrasses…) en évitant les contacts cutanés et avec les muqueuses, en protégeant sa peau avec des gants de ménage.

Il est important de nettoyer uniquement à l’humide (avec de l’eau), sans utiliser de nettoyeur haute pression ou de balayage à sec pouvant mettre en suspension les particules de suies.

Si les dépôts présentent un caractère graisseux, il est recommandé d’utiliser du nettoyant vitres et de l’essuie-tout, ou de l’eau avec du détergent et un linge propre (par exemple des serpillères ou des chiffons industriels à haut pouvoir absorbant) – changer l’eau et le linge souvent, en particulier entre le nettoyage des parties extérieures des ouvrants, fenêtres et rebords.

Il convient de ne pas utiliser d’aspirateur, pouvant remettre en suspension des particules.

S’agissant des installations de ventilation, les grilles d’entrée d’air peuvent être encrassées. Il convient de les nettoyer avec une éponge ou un linge humide.

Les installations de ventilation mécanique double flux sont équipées de filtres sur les prises d’air neuf. Il est important de vérifier l’état d’encrassement des filtres et les changer si nécessaire.

 

Que faire avec les bacs à sable ?

S’agissant des bacs à sable,  s’ils étaient protégés la nuit de l’incendie et les jours suivants,  il n’est pas nécessaire de remplacer ce sable au-delà de la fréquence habituelle.

Dans le cas contraire, si le sable est souillé, il convient de ne pas laisser les enfants jouer dans le bac à sable dans l’attente de son renouvellement.
 

Peut-on pratiquer les activités sportives en extérieur (football, tennis, rugby, etc.) ?

Oui, en s’assurant qu’il n’y ait pas de dépôts de suies sur les pelouses ou terrains, pour éviter tout contact.
 

Peut-on ramasser et consommer des champignons et  des baies sauvages ?

Le Préfet de la Seine-Maritime rappelle l'importance de ne pas ramasser ni consommer les champignons, fruits et baies dans les forêts susceptibles d'avoir été souillées par des retombées de suie.

Ces recommandations ne s'appliquent pas aux produits de la chasse.
 

Que dois-je faire de mes déchets verts ?

Dans les secteurs concernés par des retombées de suies, il est déconseillé à ce stade d'utiliser ces déchets verts pour fabriquer du compost pour son compte propre.

Les déchets verts ramassés dans les jardins après le 26 septembre peuvent être adressés vers les filières de traitement autorisées, qui sont responsables de mener des contrôles sur la qualité des déchets reçus, quelles que-soient les filières de traitements mises en place localement.

 

Que dois-je faire si j’ai une piscine extérieure ?

- Si la piscine est restée couverte et n’a donc pas été exposée à des retombées de ces suies :
procéder à un nettoyage des plages, de la couverture et autres équipements touchés par les suies, à l’eau voire au détergent. Pas de nettoyage à haute pression pour éviter une mise en suspension. En prenant la précaution de ne pas diriger les suies et eaux de lavages vers  les eaux du bassin.

- Si la piscine a été manifestement exposée aux suies et/ou présente des traces d’irisation :

  • procéder  à un nettoyage des plages, de la couverture et autres équipements touchés par les suies à l’eau voire au détergent. Pas de nettoyage à haute pression pour éviter une mise en suspension.
  • vidanger la piscine en ayant pris le soin de neutraliser les produits de chloration (soit par destruction naturelle du chlore, soit en ajoutant du thiosulfate de sodium). Puis procéder au nettoyage des liners et des filtres à l’eau voire au détergent. Pas de nettoyage à haute pression pour éviter une mise en suspension. Vérifier l’état d’encrassement des filtres.
  • procéder au remplissage, au traitement et à la vérification des paramètres physico-chimiques habituels.

Pour procéder au nettoyage, il est recommandé  de porter les équipements de protection suivants :

pour les professionnels, prendre contact avec les services de la DIRECCTE http://normandie.direccte.gouv.fr/  ; pour les particuliers, mettre des gants pour limiter les contacts avec la suie. Pour les produits de traitement, se reporter aux recommandations du fabricant/fournisseur.

 

Où puis-je consulter les résultats des analyses environnementales ?

Plusieurs organismes ont en charge le suivi environnemental de l’impact de l’incendie. La préfecture de Seine Maritime centralise les informations. Les résultats et interprétations sont consultables sur le site de la préfecture

 

Où puis-je consulter les informations et communiqués sur l’incident en temps réel, pour avoir plus d’information ?

 

Ces informations sont communiquées par la préfecture de Seine Maritime  

Le jeudi 26 septembre, à la suite de l’incendie survenu au sein de l'entreprise Lubrizol, une permanence d’accueil psychologique a été mise en place par l’ARS Normandie et la préfecture de la Seine-Maritime.

Depuis ces derniers jours, cette permanence n’a plus reçu de visites. Ce vendredi 11 octobre à 16h, elle a donc cessé son activité et les modalités d’accueil déjà existantes sont proposées aux personnes qui le souhaitent :

Après consultation du médecin traitant, celui-ci pourra si nécessaire orienter les personnes :

- Sur l’agglomération de Rouen : vers le CASP (Centre d’Accueil et de Soins Psychiatriques), les urgences du CHU et l’UNACOR (Unité d’Accueil et d’Orientation) au CH du Rouvray

- Hors agglomérations : vers les CMP (Centre Médico-Psychologique) adultes ou enfants les plus proches du domicile

Depuis l’ouverture de la permanence, 47 personnes ont été accueillies par les équipes de volontaires du CH du Rouvray, soutenues par les bénévoles de la Croix Rouge. Cet accueil psychologique citoyen a permis de faire un sas à la suite de l’événement, d’orienter et d’apaiser des symptômes de stress, notamment dans le cadre de groupes de parole et d’échanges.

 

En cas de problème médical, contactez votre médecin traitant. En soirée (de 20h à 8h) et le weekend, appelez le 116117. Nous rappelons que le 15 et le 18 sont réservés aux urgences vitales.

Les investigations poussées de recherche de substances chimiques dans l’eau destinée à la consommation humaine, bien au-delà du contrôle sanitaire habituellement réalisé par l’ARS Normandie, sont effectives depuis le 26 septembre et vont se poursuivre selon les recommandations de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Des résultats démontrent l’absence ou la présence en concentrations très faibles et bien inférieures aux valeurs sanitaires de référence, des produits recherchés

Depuis l’incendie, 98 prélèvements suivis d’analyses ont été réalisés entre le 26 septembre et le 23 octobre. Cette surveillance a porté sur les captages les plus vulnérables (karstiques) de la zone impactée par le panache puis a été étendue à tous les captages ciblés prioritaires en lien avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Les nouveaux résultats aujourd’hui disponibles pour les eaux souterraines et concernant des prélèvements réalisés entre le 17 et 23 octobre viennent compléter les données déjà publiées les 4, 11 et 22 octobre. Les résultats obtenus confirment l’absence ou la présence en concentrations très faibles et bien inférieures aux valeurs sanitaires de référence, des produits recherchés.

L’eau du robinet est propre à la consommation en Normandie : elle peut être consommée sans risque pour la santé, y compris dans les secteurs de Seine-Maritime qui ont été directement concernés par le panache de fumées

Consulter les tableaux de résultats :

Un plan de surveillance maintenu selon les recommandations de l’Anses et qui fera l’objet d’un bilan début 2020

À la suite de la saisine par les ministres en charge de la santé et de l’environnement, l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié son avis « Expertise hors évaluation de risques relative à l’établissement d’un programme de surveillance adapté des eaux destinées à la consommation humaine suite à l’incendie de l’usine Lubrizol » le 16 octobre 2019. Dans cet avis, l’Anses souligne la pertinence des mesures déjà mises en oeuvre et propose de suivre en l’adaptant le plan de surveillance renforcée. Ainsi, selon les recommandations de l’Anses, l’ARS va maintenir et adapter son plan de surveillance renforcée sur 38 captages suivis de façon hebdomadaire, mensuelle ou bimestrielle selon leur vulnérabilité, et en cas de turbidité élevée dans les eaux brutes (carte en annexe).

Le programme analytique comporte plusieurs niveaux de suivi et reste beaucoup plus large que le contrôle sanitaire réglementaire habituel avec :
• des paramètres réglementés (turbidité, carbone organique total, hydrocarbures aromatiques polycycliques, métaux, indices hydrocarbures…),
• des balayages qualitatifs pour des substances non volatiles et volatiles,
• des composés de type perfluorés, dioxines / furanes et PCB.
Un bilan de cette surveillance sera effectué début 2020.

Rappel :

Des images ont circulé sur les réseaux sociaux  montrant une eau grise ou marron à la sortie du robinet ou dans les toilettes chez des habitants de l’agglomération de Rouen.
Dans ce cadre, l’Agence s’est rapidement rapprochée des collectivité concernées dont la Métropole Rouen Normandie pour mener des investigations : après vérification, ces signalements n’ont pas été confirmés.

Pour tout signalement concernant l’eau de consommation, les habitants sont invités à se rapprocher de leur mairie ou de la société en charge de la distribution qui feront le lien avec l’ARS.

Rouen Métropole Normandie met à la disposition des habitants de la Métropole un numéro vert : 

0 800 021 021

Rouen Métropole Normandie met à la disposition des habitants de la Métropole un numéro vert : 

0 800 021 021

 

• S’agissant du nettoyage du logement : en cas de présence de suie dans l’habitation et de ses abords (balcon), il convient d’éviter tout contact cutanée et avec les muqueuses,

- Nettoyer uniquement à l’eau en portant des gants de ménage, sans utiliser de nettoyeur haute pression pouvant mettre en suspension les particules,

- En cas de dépôts graisseux, pour les surfaces lisses et planes, il est recommandé d’utiliser :

• du nettoyant vitres et de l’essuie tout, ou de l’eau avec du détergent et un linge propre. Changer l’eau et le linge souvent, en particulier après le nettoyage des parties extérieures des fenêtres et rebords,

• Eviter le balayage à sec,

• Ne pas utiliser d’aspirateur, pouvant remettre en suspension des particules.

• En cas d’encrassement des installations de ventilation, nettoyer les grilles d’entrée d’air à l’eau et changer les filtres 

• Bien se laver les mains, surtout chez les jeunes enfants et procéder régulièrement à un nettoyage des jouets et objets (ex. doudous) qui comporteraient des traces de suie et pouvant être portés à la bouche par les enfants ;

• En cas de contact accidentel avec les suies, se laver immédiatement avec du savon ordinaire et si besoin se rincer les yeux avec du sérum physiologique 

Les premières mesures prises dans les suites de l’accident industriel avaient pour objet de protéger la population des conséquences immédiates de cet incendie.

La phase post-accidentelle vise, entre autres, à mesurer l’impact à moyen et long terme sur l’environnement et sur la santé de la population.

1. Synthèse des résultats d’analyses connus

Dans la phase initiale, l’Ineris a identifié les substances à rechercher en modélisant l’incendie à partir des matières et des quantités présentes sur le site. Par la suite, cette modélisation a été affinée et cela a permis de valider les choix retenus à la phase initiale et de recommander quelques compléments (avis Anses et Ineris du 4 octobre).

Air

Les analyses effectuées pendant les journées du 26/09 et 27/09 par le Sdis et Atmo Normandie ne montrent aucune valeur significative en dehors d’un point ayant révélé la présence de benzène sur le site même. Les mesures réalisées par Atmo Normandie à la suite de l’événement montrent également un indice de qualité de l’air comparable à celui d’avant l’incendie pour l’agglomération rouennaise.

Cependant, Atmo Normandie a reçu de nombreux signalements d’habitants pour des odeurs en lien avec l’incendie Lubrizol dès le matin du jeudi 26 septembre. Plus de 1000 signalements ont été saisis et dans son dernier communiqué (17/10), Atmo Normandie déclarait enregistrer une baisse significative des odeurs qui lui sont signalées sur l’agglomération de Rouen.

Suies

Trois séries de prélèvements de surface (lingettes) ont été effectuées entre le 26 et le 28 septembre. Les résultats d’analyses ne mettent pas en évidence de différences significatives entre les prélèvements témoins et les autres sites situés sous le panache pour les HAP (hydrocarbures aromatique polycycliques) ou les COV (composés organiques volatils). Les résultats sur les métaux ne mettent pas en évidence d’impact sous le panache.

Les résultats d’analyses disponibles à ce jour montrent des valeurs comparables au bruit de fond, certains compléments sont encore en cours.

Ce seront les prélèvements dans les sols qui permettront de mesurer l’impact sur le milieu en ce qui concerne les métaux et les dioxines/furanes.

Eau de consommation humaine

Au-delà du contrôle sanitaire habituellement réalisé par l’ARS de nombreuses substances chimiques ont été recherchées par les laboratoires agréés. Les analyses ont porté notamment sur des métaux, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) qui sont des composés issus de combustion, des solvants chlorés, des solvants benzéniques (BTX pour Benzène, Toluène, Xylène), les hydrocarbures (paramètre intégrateur nommé indice hydrocarbure), les dioxines et furanes, les PCB.

Les analyses montrent l’absence ou la présence en concentrations très faibles et inférieures aux valeurs sanitaires de référence, des produits recherchés. L’eau du robinet est propre à la consommation en Normandie. À ce jour 77 analyses d’eau réalisées selon les recommandations de l’ANSES ont été effectuées avec des résultats qui permettent à l’ARS de confirmer que l’eau du robinet est potable. Le suivi de la qualité de l’eau par les services de l’ARS se poursuit.

Produits agricoles

Tous les résultats des prélèvements effectués (plus de 500 dans le département) dans les productions animales et végétales sont inférieurs aux normes en vigueur.

Les mesures de consignation des productions agricoles ont été levées le 14 octobre pour les produits laitiers et le 18 octobre pour les autres productions.

Poursuite des analyses dans l’environnement

La surveillance environnementale se poursuit à travers un plan de surveillance renforcé prescrit par deux arrêtés préfectoraux en date du 14 octobre.

L’ensemble des résultats des prélèvements réalisés depuis le début de l’événement conduira à une interprétation de l’état des milieux en cherchant à déterminer s’il y a eu une dégradation de l’environnement imputable à l’incendie et en identifiant les substances présentes.

Si cette analyse révèle la présence de substances ayant un potentiel toxique avéré ou suspecté, notamment à travers une exposition de moyen terme et de long terme, et même pour des quantités de polluants faibles, une évaluation quantitative des risques sanitaires est prévue afin de déterminer s’il existe un risque sanitaire, imputable aux rejets de l’incendie.

2. Recommandations sanitaires

Les premières recommandations sanitaires ont été mises en œuvre afin de limiter l’exposition aux fumées et aux retombées.

Le risque résiduel d’exposition aux conséquences de l’incendie est constitué désormais par une imprégnation éventuelle de l’environnement et serait lié à l’ingestion de denrées alimentaires d’origine végétale ou animale souillées par des suies.

Au vu des résultats décrits plus haut, il n’y a actuellement aucune restriction visant l’alimentation dans la population générale, chez les enfants et chez les femmes enceintes.

3. Évaluation et suivi de l’impact sur la santé de la population exposée

Impact sur le recours aux soins

Le relevé quotidien du nombre de passages aux urgences montre que l’activité en lien avec cet événement (déclaration) est désormais quasi nulle.

Santé publique France a mis en place une surveillance spécifique permettant de quantifier en temps réel les recours aux urgences hospitalières et à SOS médecins liés à cet événement. Cette surveillance se poursuit dans l’agglomération rouennaise. L’activité est similaire à celle habituellement observée.

Les signalements d’odeurs reçus à Atmo Normandie depuis l’incendie sont associés, pour plus de la moitié (61 %), à au moins un symptôme sur la santé. Parmi les signalements santé reçus à Atmo Normandie sont cités en premier les maux de tête (51 %) et les irritations de la sphère ORL (46 %). Des troubles digestifs type nausées ou vomissements sont également mentionnés (23 %) ainsi que des irritations oculaires (13 %) et des gênes respiratoires (8 %).

Les données de l’assurance maladie ne montrent pas de suractivité depuis l’incendie par rapport aux semaines précédentes (source : CPAM et ARS Normandie).

Dans le cadre d’une enquête de l’Union régionale des médecins libéraux de Normandie auprès des médecins libéraux de Seine-Maritime (questionnaire envoyé le 1er octobre, 81 répondants), 74 % des médecins ayant répondu ont déclaré avoir constaté des éléments cliniques chez leurs patients en lien avec l’accident. Les symptômes rapportés étaient identiques à ceux déjà identifiés par la surveillance mise en place : maux de tête et vertige, des irritations ORL (gorge et nez), des troubles digestifs (vomissement, nausée), des irritations oculaires et des gènes respiratoires, inquiétude, stress et angoisse. A noter qu’en dépit des désagréments parfois forts, causés par les odeurs (cf supra), celles ci ne présument pas de toxicité. Il n’y a pas de lien entre odeur et toxicité.

Impact sur la santé de la population

Pour mesurer l’éventuel impact sur la santé à moyen et long terme de l’incident, Santé publique France va mettre en place quatre approches différentes et complémentaires : Étude de santé déclarée en population Dans les suites de l’incendie, la population de certaines communes a été survolée par le panache de fumée et potentiellement exposée à des nuisances visuelles, olfactives et également à un stress et un sentiment d’insécurité et d’incertitude liés à l’événement, ses conséquences et sa gestion.

Une enquête par questionnaire sera menée sur un échantillon de la population (adultes et enfants) située à différentes distances de l’incendie et ayant été exposée à des fumées ou des suies. Cette enquête aura pour objectif de mesurer l’impact de l’événement en termes de nuisances et symptômes ressentis, d’impact sur la qualité de vie, et de conséquences psychologiques et sociales.

Les résultats de cette enquête pourront orienter vers des actions d’information et de prise en charge.

Enquête de biosurveillance

Si au cours de l’interprétation de l’état des milieux, les résultats des mesures de polluants dans l’environnement montrent un risque d’exposition de la population à certaines substances toxiques, l’imprégnation de la population à ces substances pourra être mesurée par des prélèvements biologiques. Santé publique France dispose déjà d’une évaluation de l’exposition antérieure de la population aux polluants, métaux et aux autres substances potentiellement toxiques (ce qui s’appelle le bruit de fond).

L’objectif est de proposer, si une imprégnation anormale était retrouvée, des mesures de réduction d’exposition et de mettre en place si nécessaire un suivi médical spécifique.

Suivi d’indicateurs de santé

À partir des données du système national des données de santé, une analyse d’indicateurs de santé en lien avec les effets généraux (pathologies cardiaques, santé mentale) et les pathologies spécifiques à l’incendie sera menée. Les pathologies spécifiques seront définies à partir des risques identifiés par l’évaluation quantitative des risques sanitaires.

Des enquêtes pourront être menées dès que les données 2019 seront consolidées soit en juillet 2020. Ces enquêtes pourront, si nécessaire, être menées sur le long terme.

Suivi de la santé des travailleurs particulièrement exposés

Un suivi spécifique permettra d’évaluer sur le long terme les conséquences de l’événement chez les personnes étant intervenues lors de l’accident sur le foyer ou à proximité immédiate.

Ce travail sera coordonné dans le cadre du Groupe d’alerte en santé travail animé par Santé publique France et constitué de membres permanents qui sont des spécialistes des risques pour la santé d’origine professionnelle (médecin inspecteur du travail, médecins des centres de consultation de pathologies professionnelles, épidémiologistes…).

Suivi sanitaire de la population

Avant de connaître les résultats de ces différentes études, il n’y a pas de suivi médical spécifique à mettre en place au sein de la population et aucun examen biologique n’est recommandé en dehors des personnels directement exposés par leur intervention sur le site.

Les femmes enceintes doivent avoir le suivi habituel de leur grossesse selon les recommandations en vigueur et il n’y a aucune contre-indication à poursuivre l’allaitement maternel.

À ce stade et compte-tenu des résultats déjà obtenus, rien ne permet d’affirmer qu’un excès de cas de cancers, lié à cet événement, sera observé dans les années à venir. Les études qui sont mises en place ont pour objectif de confirmer dans le temps ces premiers constats.

 

Liens vers les sites institutionnels : https://www.normandie.ars.sante.fr/incendie-lentreprise-lubrizol-rouen-0
http://www.seine-maritime.gouv.fr/Actualites/Mise-a-jour-Incendie-au-se…
https://www.gouvernement.fr/transparence-rouen

Pour mesurer l’impact sur la santé à moyen et long terme de l’incendie, Santé publique France va mettre en place quatre approches différentes et complémentaires.

Dans les suites de l’incendie, la population de certaines communes a été survolée par le panache de fumée et exposée à des nuisances, et parfois un stress liés à l’événement, ses conséquences et sa gestion. Une enquête de santé déclarée en population sera menée par questionnaire sur un échantillon de la population. Cette enquête aura pour objectif de mesurer l’impact de l’événement en termes de nuisances et de symptômes ressentis, d’impact sur la qualité de vie, et de conséquences psychologiques et sociales. Les résultats de cette enquête pourront orienter vers des actions d’information et de prise en charge.

Si les résultats des mesures de polluants dans l’environnement qui seront effectuées montrent un risque d’exposition de la population à certaines substances toxiques, l’imprégnation de la population à ces substances pourra être mesurée par des prélèvements biologiques (biosurveillance). Santé publique France dispose déjà d’une évaluation de l’exposition antérieure de la population aux polluants, métaux et aux autres substances potentiellement toxiques (ce qui s’appelle le bruit de fond). L’objectif est de proposer le cas échéant des mesures de réduction d’exposition et de mettre en place si nécessaire un suivi médical spécifique.

Par ailleurs, à partir des données du système national des données de santé, des indicateurs de santé en lien avec les effets généraux et spécifiques à l’incendie seront analysés à partir notamment des risques identifiés par l’évaluation quantitative des risques sanitaires.

Un suivi spécifique des travailleurs particulièrement exposés notamment ceux qui sont intervenus sur le foyer et en proximité immédiate permettra d’évaluer sur le long terme les conséquences de l’évènement chez les personnes concernées. Ce travail sera coordonné dans le cadre du Groupe d’alerte en santé, travail animé par Santé publique France et constitué de membres permanents qui sont des spécialistes des risques pour la santé d’origine professionnelle (médecin inspecteur du travail, médecins des centres de consultation de pathologies professionnelles, épidémiologistes…).

Avant de connaître les résultats de ces différentes études et compte-tenu des informations
(analyses dans l’environnement, effets sanitaires de court terme) connues à ce jour, il n’y a
pas de suivi médical spécifique à mettre en place au sein de la population concernée et aucun examen biologique n’est recommandé en dehors des personnels qui sont directement
intervenus sur le site à l’occasion de l’accident.

Saisine de Santé Publique France par la Direction Générale de la Santé