Écrans, jeux vidéo et addictions, que dit-on ?

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Les écrans sont omniprésents dans notre quotidien et leur usage est devenu habituel. Pourtant, ces pratiques peuvent des conséquences sur la santé et des usages problématiques à tout âge, faisant émerger des enjeux de santé publique pluriels. Dans quel contexte parle-t-on d'usage problématique ? Comment identifier ces comportements ?

La question des écrans n’est pas homogène : derrière le terme “écrans” se cachent une diversité de supports (ordinateur, télévision, smartphone, tablette…) et une multiplicité d’usages (communication, activités professionnelles ou scolaires, visionnage de vidéos, jeux …).

Les écrans permettent désormais l'accès à de nombreuses ressources : l'accès aux droits, aux démarches administratives, à la communication, au travail, à l'éducation... De nombreuses sources d'information qui incitent chacun à utiliser quotidiennement les écrans. Toutefois, cette pratique diffère selon les individus, et certains comportements peuvent devenir problématiques.

En Normandie, une enquête réalisée sur le bon usage des écrans ainsi que les retours des acteurs spécialisés dans les secteurs de la périnatalité, de la parentalité et de la petite enfance ont permis de constater qu'une sensibilisation sur le sujet est indispensable.

Depuis 2019, l’ARS Normandie a structuré une stratégie régionale basée sur la promotion d’un usage raisonné des écrans, reposant principalement sur le développement des compétences psychosociales (savoir prendre de la distance par rapport à sa pratique, développer son esprit critique, apprendre à gérer son rapport aux écrans, gestion des émotions...) ainsi que sur l’accompagnement et le soutien à la parentalité.

 

Quand parle-t-on d'usage problématique ? 

Il s'agit d'usages hétérogènes sous-tendus par des mécanismes différents. Un usage problématique peut se traduire par un recours excessif aux écrans (temps passé sur l’écran trop important) ou par l’exposition à des contenus inadaptés (violence, cyberharcèlement, pornographie…). L'usage problématique peut également être un révélateur d'un état sous-jacent : l'écran devient la réponse à une difficulté. 

Les écrans peuvent aussi être abordés à travers les conséquences négatives sur la santé : altération de la qualité et de la quantité de sommeil, diminution de l’activité physique, augmentation de la prise de poids, troubles visuels, technoférences, ou encore répercussions sur la santé mentale… 

Quelques signes pouvant être révélateurs d’un usage problématique :

  • Comportement exclusif ;

  • Perte de contrôle ;

  • Impact sur la sphère sociale (repli social) /scolaire (décrochage scolaire) ou professionnelle ;
  • Sentiment de manque/Malaise à la déconnexion ;

  • Conséquences négatives sur la santé ;

  • Comportement générant de la souffrance.

Écrans et addictions ?

L'addiction aux écrans n'est pas reconnue dans les classifications cliniques.

Cependant, depuis 2018, l'OMS reconnaît l'existence du trouble du jeu vidéo : « comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables. […] le comportement doit être d’une sévérité suffisante pour entraîner une altération non négligeable des activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ou d’autres domaines importants du fonctionnement, et en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois. »

La part de la population concernée par un réel usage problématique sévère reste minoritaire.

Un accompagnement progressif des publics est nécessaire à l’utilisation des écrans. De nombreuses ressources et outils sont à votre disposition :

Des ressources pour soutenir les acteurs et les projets normands :