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Près de trois personnes sur cinq en excès de poids dans l’Eure et la Seine-Maritime

Communiqué de presse
Face au constat d’un déficit de données sur la prévalence des troubles nutritionnels auprès de la population, une étude Normanut a été mise en place auprès de médecins généralistes et de patients volontaires dans les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime. Initiée en 2001, l’étude portée par l’ARS, le CHU de Rouen et l’OR2S a été reconduite en 2008 et 2016.
Corps de texte

Les résultats de 2016 viennent de paraître.

Les résultats

Diabète, hypertension artérielle, maladies ostéo-articulaires sont quelques exemples de troubles de santé entraînés par le surpoids1 et l’obésité2. Dans les départements de Seine-Maritime et de l’Eure, le surpoids concerne 42 % des hommes et 30 % des femmes vue en médecine générale. Les chiffres interpellent d’autant plus que plus d’un quart des hommes et une femme sur cinq vus dans les cabinets des médecins généralistes sont obèses. De plus, l’obésité abdominale, déterminée à partir du tour de taille3, est plus fréquemment observée que l’obésité globale et concerne deux tiers des hommes comme des femmes.

Les comportements alimentaires et la pratique d’activité physique jouent un rôle clef dans le maintien d’une bonne santé. Or, les résultats de l’enquête montrent que les recommandations nutritionnelles sont loin d’être suivies. Par exemple, la pratique d’une activité physique régulière est déclarée seulement par un tiers des patients. Seule une personne sur dix déclare manger au moins 5 fois des fruits et légumes par jour, comme recommandé.

Par ailleurs, l’appréciation de sa propre corpulence peut également s’avérer décalée avec la réalité. Près de la moitié des personnes n’estime pas correctement leur corpulence. En effet, 41 % des personnes en surpoids et 10 % des personnes obèses s’estiment être de corpulence « normale ».

Une attitude pathologique par rapport à l’alimentation peut également se manifester, sans être pour autant systématiquement repérée par un médecin. C’est le cas des troubles du comportement alimentaire (TCA) tels que l’anorexie, la boulimie ou encore l’hyperphagie ou le grignotage anormal. Un TCA était connu par le médecin traitant pour 7 % de la population étudiée (4 % chez les hommes et 10 % chez les femmes). Or, après dépistage à l’aide d’un test spécifique, un TCA est retrouvé chez 14 % dans cette même population. Pour près de trois quarts des personnes présentant un résultat positif pour ce dépistage, le médecin n’avait pas déclaré de TCA connu. Avec des outils de dépistage adaptés, le médecin généraliste, qui est en première ligne face aux troubles nutritionnels, peut ainsi améliorer le dépistage des TCA et leur prise en charge auprès de ses patients.

Les suites données à l’étude

 

  • utilisation pour l’élaboration du Projet Régional de Santé 2
  • extension de cette étude à l’ensemble de la région Normandie prévue pour l’année 2017. Un état des lieux régional des troubles nutritionnels sera ainsi disponible et un suivi dans le temps des principaux résultats envisageable à partir des futures éditions de l’étude Normanut.

Le contexte et méthode

L’étude Normanut 3 a été réalisée courant 2016 auprès de 1 000 personnes consultant en médecine générale dans les départements de l’Eure et de Seine-Maritime. Au cours d’une consultation, les médecins généralistes ont renseigné les données cliniques des patients enquêtés volontaires pour l’étude et les ont questionnés sur leurs habitudes alimentaires et de vie. Les troubles nutritionnels dans ces deux départements sont ainsi étudiés depuis près de 15 ans avec des données issues de deux précédentes éditions de Normanut.

Normanut 3 a, par ailleurs, fait l’objet d’une thèse de médecine générale menée en partenariat avec le CHU de Rouen, l’OR2S et l’ARS de Normandie. Les résultats ont été communiqués lors d’une conférence médicale.

 

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