9 Septembre 2021 : journée mondiale de sensibilisation du Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF)

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La méconnaissance de l’effet de l’alcool sur le fœtus, quel que soit le moment de la grossesse, et la quantité d’alcool consommée, constitue un réel problème de santé publique. L’objectif de cette journée est de prévenir l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) en intervenant auprès des femmes enceintes.

Le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF)

La consommation d’alcool pendant la grossesse est la première cause de handicap mental d’origine non génétique chez l’enfant et est responsable du Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF). Ce syndrome, qu’il soit partiel ou complet, est responsable de dommages irréversibles (malformations, retard de croissance, de développement, difficultés d’apprentissage, troubles de l’attention et du comportement, inadaptation sociale, déficience intellectuelle pouvant être associés à des anomalies physiques…).

L’alcool consommé par la femme enceinte passe du sang maternel vers le sang du fœtus, au travers du placenta. La concentration en alcool dans le sang du fœtus devient aussi élevée que dans le sang de la mère. L’alcool transmis au fœtus est éliminé lentement car son foie est insuffisamment développé.  (Alcool Info Service).

Il est donc recommandé aux femmes enceintes de s'abstenir de toute consommation d'alcool dès le début de leur grossesse et pendant toute sa durée.

Toutes les boissons alcoolisées (bière, cidre, vodka, vin …) présentent un danger.

Un risque sous-estimé !

Selon SAFFRANCE, le SAF affecte 1 enfant sur 1 000. C’est la forme la plus sévère des conséquences de la consommation d’alcool pendant la grossesse. Elles peuvent être massives : retard de croissance, retard psychomoteur, malformations du visage, et troubles cognitifs majeurs avec parfois une déficience intellectuelle.

Les autres TCAF touchent 1 enfant sur 100. Ils englobent de nombreux troubles dus à l’atteinte du cerveau. Ces troubles sont méconnus et rarement attribués à l’atteinte du cerveau par l’alcool durant la grossesse. Les enfants atteints ont des difficultés à maintenir leur attention donc à ne pas se laisser distraire et à apprendre à l’école du fait de troubles « DYS » (surtout la dyscalculie). Ces difficultés sont souvent associées à des troubles du comportement par défaut d’empathie, des troubles de l’autocontrôle et de la régulation des émotions à l’origine de leurs difficultés à s’adapter à la vie sociale.

Quelques chiffres

En 2020, l’étude du SAFFRANCE montrait que 50% des Français n’avait jamais entendu parler du Syndrome d’Alcoolisation Fœtale.

23% des femmes continuent à consommer de l’alcool pendant leur grossesse et entre 2 et 5% souffrent d’une addiction selon l’ Institut de veille sanitaire (INVS).

En Normandie, entre 2015 et 2018, 134 SAF ont été identifiés dans les bases de soins soit 1,1 naissance sur 1000 femmes.

Ces chiffres ne sont pas exhaustifs, puisque tous les cas de SAF ne sont pas diagnostiqués, le phénomène est donc sous-estimé.

 

Le Baromètre Santé 2017 souligne que :

  • « 4 femmes enceintes ou mères de jeunes enfants sur 10 ont déclaré ne pas avoir été informées des risques de la consommation d’alcool et de tabac par le médecin ou la sage-femme les suivant ou les ayant suivies durant leur grossesse. »
  • « 10% ont déclaré avoir consommé de l'alcool occasionnellement pendant sa grossesse ».

La prévention du SAF : 0 alcool

L’HAS recommande de demander systématiquement aux femmes désirant une grossesse, aux femmes enceintes et aux femmes venant d’accoucher leurs habitudes de consommation d’alcool.

Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de déterminer un niveau de consommation d’alcool ou une quantité d’alcool qui serait sans risque pour l’enfant à naître. C’est pourquoi le principe de précaution « zéro alcool pendant la grossesse » doit être largement partagé.

N’oubliez pas de questionner toutes vos patientes sur leurs consommations, le SAF ne touche pas seulement les enfants de mères dépendantes à l’alcool.

Pour les patientes qui rencontreraient des difficultés à stopper ou diminuer leurs consommations (sollicitations de l’entourage, simple plaisir de boire...), dans tous les cas, il est important de rappeler que :

  • tous les efforts comptent : réduire leur consommation et éviter à tout prix les abus représente déjà un progrès important et diminue les risques pour la santé de leur bébé ;
  • il n’est jamais trop tard pour arrêter ;
  • la femme enceinte doit être aidée et non culpabilisée ou stigmatisée, elle n’est pas la seule responsable de l'application de ces recommandations ;
  • le message doit s'adresser aussi à l'entourage familial, social, professionnel ;
  • la grossesse ne doit pas exclure la femme enceinte de la vie sociale (créer les conditions qui lui permettront de participer aux moments de convivialité sans devoir consommer de l’alcool)
  • c’est aussi le bon moment pour le futur papa (et l’entourage familial) de se questionner sur ses propres consommations d’alcool et l’occasion, en cas de difficultés, de bénéficier de l’aide offerte par un accompagnement spécialisé.

Vous pouvez utiliser l’approche RPIB (Repérage précoce et intervention brève). 

Actualité en région

Rendez-vous du 6 au 8 octobre 2021 au Havre pour les 50èmes journées nationales de la Société Française de Médecine Périnatale – Le Havre – Du 06 au 08 octobre 2021

Au programme, une table ronde le 07 octobre 2021 sur la thématique « Addictions en périnatalité - De la recherche à la pratique quotidienne »

Retrouvez le programme complet sur le site de la SFMP.